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dimanche 2 novembre 2014

Le crowdfunding en 3 questions

Kickstarter, Kisskissbankbank, Ulule...On entend de plus en plus parler de financement participatif, de crowdfunding et de ses dérivés  crowdlending, crowdequity, etc.. On nous dit qu'il s'agit de "financement par la foule" et par l’intermédiaire de sites internet, mais de quel phénomène parle-t-on exactement?


1 - Quelles sont les différentes formes de crowdfunding?

Poser la question, c'est déjà partiellement y répondre. Le terme générique de "financement participatif"- qui se dit en anglais "crowdfunding"- recouvre un spectre d’activités très large. Pour s'en convaincre, il suffit de dérouler la liste des plates-formes membres de l'association Financement Participatif France, et de parcourir la description de leurs activités. D'une part, certaines plates-formes ciblent des secteurs particuliers (projets culturels, PME, projets d'énergie renouvelable, projets liés au vin, etc...). D'autre part, différentes formes de participation sont proposées selon les sites:
  • don avec ou sans contrepartie: certaines plates-formes proposent à l'internaute de contribuer à la réalisation d'un projet en faisant un don. Il peut s'agir d'un film, d'une mission humanitaire, voire même d'une salade de pommes de terres. Certaines plates-formes proposent qu'en échange des dons les porteurs de projet offrent des contreparties aux contributeurs.
  •  prêt rémunéré ou non: sur ces plates-formes, lorsque l'internaute contribue à un projet, l'argent lui est remboursé, avec ou sans intérêts selon les plates-formes.On désigne parfois ce type de financement participatif par "crowdlending".
  • investissement en prise de participation: cette fois, l'argent de l'internaute sert à financer une entreprise en échange d'actions de la société. Si le projet réussit, l'internaute est rémunéré en dividendes. On désigne parfois ce type de financement participatif par "crowdinvesting" ou "crowdequity".
  Toutes les formes de crowdfunding ne sont pas adaptées à tous les projets. En miroir, les publics varient selon les types de plates-formes.

2 - Quels montants sont collectés par les sites de crowdfunding?

Le crowdfunding est relativement récent en France, avec les premières plates-formes lancées à la fin des années 2000. En 2011, 8 millions d'euros avaient été collectés. Deux ans plus tard, ce chiffre a été multiplié par 10. Les estimations tablent sur un marché de 5 milliards d'euros en 2020 pour la France. De fait, les montants collectés en France doublent chaque année depuis plusieurs années.

Montants collectés sur les plates-formes de crowdfunding françaises en 2013 (source: baromètre FPF)
Ce nouvel outil de financement de projet est mobilisé dans plus de 45 pays , des États-Unis à l'Afrique du Sud, en passant par l'Estonie. La banque mondiale, dans un rapport de 2013, estime que le potentiel mondial du crowdfunding pour 2025 est d'environ 100 milliards de dollars.

3 - Au fait, est-ce bien légal?

Oui. C'est légal. 
La France a une régulation bancaire stricte qui permet de bien protéger le citoyen contre les fraudes. La régulation du crédit en particulier est très contraignante, et était peu adaptée au crowdfunding. "Était", car cette régulation a été modifiée l’été dernier par ordonnance pour s'adapter au nouveau contexte. La nouvelle législation permet d'encadrer l’activité de crowdfunding de manière transparente. D'un coté, les citoyens sont mieux protégés et de l'autre les plates-formes bénéficient d'un cadre légal bien défini.
Concrètement, la nouvelle loi crée deux statuts: l’Intermédiaire en Financement Participatif et le Conseiller en Investissement Participatif. Chacune des plates-formes de don, de prêt ou d'investissement, devra se conformer à l'un ou l'autre des statuts. Ces statuts autorisent l’activité de crowdfunding tout en imposant des contraintes (des plafonds sur le montant des collectes par exemple), et leur délivrance est soumise a l'examen d’autorités de contrôle (ACPR ou AMF).

mercredi 1 octobre 2014

Kesako: les énergies renouvelables

La Transition Énergétique passe par le développement des énergies renouvelables. Mais au fait, c'est quoi une énergie renouvelable?

Bien qu'il existe un nombre très important de définitions, nous pouvons présenter les choses ainsi : une énergie renouvelable, c'est une énergie issue d'une ressource énergétique primaire dont le renouvèlement est considéré comme permanent à l'échelle de l'humanité.
Parmi les énergies renouvelables, on peut citer : l'énergie hydroélectrique, l'énergie photovoltaïque, l'énergie éolienne, la biomasse, les énergies marines, l'énergie solaire thermodynamique, etc....

Un peu d'histoire :
Les énergies renouvelables ont accompagné le développement de nos sociétés depuis les prémices de l'humanité jusqu'à nos jours. Il est marquant de songer que la quasi totalité des besoins énergétiques de l'homme était pourvue par les énergies renouvelables, depuis l'apparition d'homo-sapiens jusqu'au XIXième siècle et l'avènement de la première révolution industrielle.
Le bois, par exemple, est à la base de l'un des tournants majeurs de notre espèce : la maitrise du feu (estimée entre -790 000 et -350 000 ans avant notre ère). 
L'utilisation de la force de l'eau également, initiée par les romains, n'a jamais été abandonnée tout au long des siècles. C'est directement l'énergie mécanique qui a d'abord été exploitée dans les moulins, avant de l’utiliser pour produire de l'énergie électrique (invention de hydroélectricité par Aristide Bergès en 1869).  

Aristide Berges (source: Archive municipale de Grenoble dans Wikipedia)

L'énergie du vent constitue elle aussi l'un des piliers de notre histoire : la marine à voile, dont les premières utilisations remontent à plusieurs millénaires avant notre ère. Elle a notamment permis à l'être humain de bénéficier des richesses de la mer et d'explorer le monde.  
Le soleil enfin, dont l'énergie a toujours servi à s'éclairer, sécher des aliments ou des vêtements, puis pour chauffer l'intérieur des habitations durant la saison froide (c'est le concept de "l'énergie solaire passive", dont le premier descriptif connu est donné par Socrates lui même, au Vième siècle avant notre ère - Xénophon, Chapitre VIII). Avec la découverte de l'effet photovoltaïque en 1839 par Antoine-César Becquerel, et son explication par Albert Einstein en 1905, l'énergie solaire offre aujourd'hui la possibilité de produire de l'énergie électrique.

Quelques notions et chiffres :
Ce qui différencie principalement les énergies renouvelables des énergies conventionnelles (charbon, gaz, pétrole, nucléaire) tient dans ce qu'elles sont des énergies de flux. Par opposition, les énergies conventionnelles sont des énergies de stock, c'est à dire que leur quantité est limitée aux réserves contenues dans le sous-sol terrestre. Par exemple, si l'on s'intéresse aux stocks connus pour l'ensemble des énergies fossiles et fissiles, ils sont extrêmement faibles comparativement à la seule énergie solaire que nous recevons chaque année. Comme le montre l'illustration ci-dessous, les terres émergées de la planète reçoivent annuellement en énergie solaire l'équivalent de 10 000 fois les besoins énergétiques mondiaux :

 Potentiel énergétique par ressource (Source: PACTES énergies)

Cette comparaison reste théorique, mais elle démontre de façon édifiante l'immense potentiel dont nous disposons grâce aux énergies renouvelables. On y voit également la précarité du système énergétique actuel qui repose sur des ressources limitées. A titre informatif, le pétrole représente à ce jour 32% de l'approvisionnement énergétique mondial, le gaz 21% et le charbon 29% (Source: Agence Internationale de l’Énergie 2013, chiffres pour l’année 2011).
Enfin, l'un des atouts des énergies renouvelables procède de leur capacité à décentraliser et relocaliser la production d'énergie, de sorte qu'elle se réalise au plus près des consommateurs et diminue la dépendance à des fournisseurs. Dans le système énergétique que nous connaissons aujourd'hui en France et même a l’échelle de l'Europe, l’hyper-centralisation de la production implique le transport de l'énergie électrique sur de très grandes distances. Les pertes ainsi engendrées s'élèvent environ à 35 milliards de kWh par an, soit 6,5% de notre production électrique annuelle (source RTE et ERDF : Bilans annuels).


Situation actuelle : un changement de paradigme
Les énergies renouvelables connaissent aujourd'hui un récent mais très important développement dans le monde. Les causes de ce déploiement sont nombreuses et bien connues. On peut notamment citer :
  • Une diminution des ressources des énergies conventionnelles (fossiles et fissiles), qui sont par leur nature appelées à s'épuiser.
  • Une augmentation des prix de l'énergie par la diminution de l'offre ou par la volatilité des cours.
  • La remise en cause d'une stabilité de l'offre du fait de tensions géopolitiques importantes.
  • Une iniquité de la répartition des sources conventionnelles (cf. point précédent), à l'inverse des énergies renouvelables qui elles sont diffusées de manière bien plus équitable dans le monde.
  • La maturation et l'amélioration des techniques utilisant les sources renouvelables, démontrant la compétitivité croissante de ces énergies sur le marché énergétique.
  • La prise de conscience s'agissant de l'obsolescence de notre modèle énergétique actuel et de son impact catastrophique sur la biosphère et le climat. La publication du Rapport n°5 du GIEC ne laisse aucune place au doute quant à l'impact de l'homme et de ses activités.
Le processus actuel de développement des énergies renouvelables fait face à un modèle dépassé mais profondément enraciné dans le fonctionnement de nos sociétés et de notre économie. Cette phase dite de "transition énergétique" appelle à de grands changements en faveur de l'intérêt général et de notre biosphère. D'un monde où 90% de l'énergie consommée est issue des énergies fossiles ou fissiles, l'avènement des énergies renouvelables va permettre de remplacer progressivement cet ancien modèle. Les citoyens peuvent devenir acteurs de cette transformation en agissant sur leur consommation d'énergie. Aujourd'hui, avec le développement du financement participatif, ils peuvent également prendre part directement au développement des énergies renouvelables en finançant la construction de nouveaux projets.

mardi 23 septembre 2014

La Marche pour le Climat de NYC comme si vous y étiez



Dimanche avaient lieu dans plus de 130 pays du monde des rassemblements populaires pour demander une coordination planétaire afin de lutter contre le changement climatique. C'est naturellement à New York que se trouvait l’épicentre, à la veille de la conférence du climat organisée à l'initiative de Ban Ki-Moon et en marge de l’Assemblée Générale de l'ONU.

C’était un rassemblement hétéroclite et joyeux de militants, d’étudiants, mais aussi d'entreprises et de simples citoyens. Un rassemblement mobilisant divers mouvements: pro-agriculture bio, pro-végétarien, les anti-nucléaire, les anti-gaz de schiste, les pro-énergies renouvelables, etc...





Extrêmement bien organisée, la manifestation s'est parfaitement déroulée. L'organisation 350.org à l'origine de la marche, avait organisée le rassemblement sur 30 rues le long de Central Park West Avenue par thème ou communauté. C'est finalement plus de 300,000 personnes qui arpentèrent les rues de Manhattan ce dimanche, bien au-delà des plus larges estimations des organisateurs, la précédente marche ayant rassemblé 40,000 participants. Il fallait voir l'impatience des manifestants du fond du cortège à commencer à marcher, et leur l’incrédulité lorsqu'ils apprirent que la tête du cortège était arrivée alors qu’eux-mêmes n'avaient pas encore avancé d'un "inch". C'est alors que l'on prit conscience au sein de la manifestation que quelque chose de grand et historique était en train de se passer.

Source: http://peoplesclimate.org/logistics/
L’émotion atteignit un pic d’intensité entre 12h58 et 13h00: une minute de silence pour symboliser le silence politique autour des dangers du changement climatique, précédant la minute du réveil ("minute of alarm"), le réveil des citoyens bien sûr.



Si on peut douter de l'impact de cette manifestation sur les négociations internationales, il n'en reste pas moins qu'elle a insufflé un vent d'optimisme et redonné du courage aux participants pour continuer leur combat. Comment en serait-il autrement pour ces gens passionnés et dévoués?

Par exemple pour cet étudiant et ses camarades de la Vermont Law School, faculté spécialisée dans le droit environnemental.  Il a obtenu un Bachelor en géoscience mais a préféré réorienter sa carrière vers le droit plutôt que la recherche scientifique "pour vraiment agir directement". Voilà l'enjeu, agir, chacun à son échelle, et selon ses capacités.


 Des étudiants de la Vermont Law School .Crédit: Léo Lemordant

Par exemple ces expatriés Français qui animent en Amérique du Nord le parti EELV. Ils n'ont pas renoncé à la politique pour parvenir à améliorer la situation, et n'abandonnent ni leurs idéaux ni leur militantisme, même loin de France. Constance dans l'engagement et solidarité sont des valeurs essentielles pour mener à bien la lutte contre le changement climatique.


 Les salariés de NextStep Living. Crédit: Léo Lemordant
Par exemple, ces employés de NextStep Living, entreprise spécialisée dans les technologies vertes de l'immobilier résidentiel. Dévoués à leur entreprise, à leur "mission" comme le confie Geoff, le PDG, ils viennent sur leur temps libre manifester aux couleurs de leur société. Ils sont 200 ce dimanche, sur un total de 800 salariés. Ils croient à ce qu'ils font. Et font ce à quoi ils croient. La cohérence des actes et des idées est la clef.





Ce sont aussi ces valeurs qui motivent la création d'Enerfip. Et c'est pourquoi l’équipe d'Enerfip tenait à commencer son blog par cet article-profession de foi, sorte de première pierre moderne.